Tout recommence

Demain c’est le printemps et je ne le verrai pas. C’est ce qui était écrit sur la pancarte de celui qui ne voyait pas. Il était assis par terre dans la rue. Demain c’est l’printemps ! Demain c’est l’printemps ! On ne s’en lasse pas d’y croire à l’éternel retour, au beau printemps avec ses lendemains qui chantent « Demain c’est l’printemps ! Demain c’est l’printemps ! ». Le printemps, c’est la cerise qui tombe sur le gâteau Le printemps c’est le vert pomme de nos fruits défendus Le printemps c’est la rose au jardin, qui se fait les griffes Le printemps c’est le matou qui gueule à sa matoute que l’amour faut qu’ ça saigne Le printemps c’est la fraise à la bouche, le radis à la main et l’asperge à la boutonnière Le printemps c’est le sirop de la rue qui monte, en chantant « Demain c’est l’printemps ! Demain c’est l’printemps ! ». C’est un signe... ça y est... nous y voila... à ce « tout recommence », à cet instant précis où on s’en va couper de main franche, ni trop tôt ni trop tard, la plus haute branche du platane... dans la rue... Là où le rossignol chantait : « je voudrais que la rose fût encore à planter ».